22.11.2007

Londres égare des millions de données fiscales

 La presse nationale n'a pas de mots assez durs pour qualifier la négligence commise par l'administration de Sa Majesté britannique. Deux CD, contenant les données personnelles d'une bonne partie de de la population du pays, ont été égarés le 18 octobre dernier. Protégées par un simple mot de passe, ces informations n'auraient même pas été chiffrées, ce qui les laisse virtuellement à la portée du premier pirate venu. Noms, numéros de sécurité sociale et identifiants bancaires de 7,25 millions de sujets de la Couronne se sont volatilisés dans la nature. Tourné en dérision, le gouvernement n'a eu d'autre choix que d'exprimer ses plus plates excuses à la population.

L'affaire a tout d'un gag : le 18 octobre dernier, un employé des bureaux de l'administration fiscale fait partir, par l'intermédiaire d'un transporteur privé, deux CD à destination du bureau des statistiques londonien. Problème : les données ne sont jamais arrivées à destination, et n'ont pas été expédiées en recommandé. Le 8 novembre, l'administration fiscale est prévenue. Le 15, l'affaire est portée à l'attention de la police, avant d'être rendue publique quelques jours plus tard. Pourquoi un tel délai ? Gordon Brown, le Premier ministre britannique, explique à The Guardian qu'il correspondait au temps nécessaire aux banques pour vérifier qu'aucune activité suspecte n'avait été enregistrée sur les comptes des victimes de cette perte d'informations.

Tandis que la police continue ses recherches, Gordon Brown présente ses excuses à ses compatriotes. L'affaire est d'autant plus gênante que cette perte de données n'est pas la première que connait l'administration britannique, et qu'elle donne du grain à moudre à ceux qui s'opposent aux différents projets d'informatisation des données personnelles comme les dossiers médicaux mis en train par le gouvernement. La carte d'identité biométrique, que déploient actuellement la majorité des pays européens, est également pointée du doigt.

 Source:CLUBIC.COM

08.11.2007

Facebook:comment protéger sa vie privée

Je pense qu’il est INDISPENSABLE que tous les nouveaux inscrits sur Facebook (et même les anciens) comprennent l’importance du petit lien “Privacy” en haut à droite de la homepage du réseau social ainsi que la notion de “limited profile“.

Privacy :

Sachez qu’il y’a plusieurs niveaux de “privacy” sur Facebook et qu’il est vraiment IMPORTANT que vous alliez explorer cette section par vous même lorsque vous créez votre profil (ou même après), il vous sera notamment possible de configurer :

  • Profile : Avec cette fonctionnalité, vous avez la possibilité de configurer complètement l’accès à votre page profil, à vos informations personnelles ainsi qu’aux applications au niveau des réseaux auxquels vous appartenez (exp. vous pouvez ne pas donner accès à votre réseau professionel à certaines applications ou certaines informations)
  • Search : accès public à certaines informations sur votre profil par l’intermédiaire de la requête nom+prénom sur le moteur de recherche (il vous y sera possible par exp de bloquer complètement/partiellement l’accès à votre profil aux personnes extérieures de Facebook et de choisir les informations que vous souhaitez y afficher)
  • New Feed & Mini-Feed : Cette section vous permet de choisir le type d’informations que vous souhaitez afficher à vos contacts dans le news feed : il vous est par exemple possible de cacher le fait que vous ayez rompu avec votre petite amie, commenté une note ou encore écrit “je t’aime” sur le well de votre maîtresse.
  • Poke, Message and Friend Request Settings : Lorsque vous pokez, envoyez un message ou demandez une “friend request” à quelqu’un sur Facebook, le réseau social permet à cette personne d’accéder à certaines infos de votre profil afin de pouvoir vous réponde. Ces informations sont dissociées du reste des paramètres de confidentialité et vous devrez par conséquent les configurer également (il suffit pour cela de checker les parties auxquelles vous souhaitez donner accès)
  • Applications : vous permet de masquer certaines applications ou les supprimer complètement, choisir les informations que vous souhaitez partager via ces applis, voir la liste des applis que vous avez bloqué, vous déloguer… (pour contrôler l’accès selon vos réseaux d’appartenance vous devriez passer par la section “Profile”)
Limited Profile :
Sur Facebook, il vous est possible de bloquer complètement l’accès à votre profil à certaines personnes (de les blacklister en tapant simplement leur nom+prénom) mais également de configurer ce que l’on appelle un limited profile.Un “Limited profile”, comme son nom l’indique, est un profil limité que vous personnalisez complètement au niveau de l’accès aux informations, albums photos, mini-feed, groupes, notes… Vous pourrez par exemple configurer le limited profile en tant que profil professionnel et lorsque vous rajouterez des contacts pro/collègues de travail vous leur donnez accès à ce profil uniquement et leurs épargnez ainsi de voir les photos de votre dernière soirée ou encore les groupes auxquels vous appartenez. A vous d’en trouver le bon usage (sachez juste que la fameuse case “limited profile” qui apparait lorsque vous acceptez l’invitation de quelqu’un, n’est pas là juste pour vous faire chier !)
Sinon, j’entend également énormément de personnes inscrites se plaindre des notifications et autres invitations qu’elles reçoivent au niveau des applications ou autres sollicitations. Pas besoin de se plaindre, de crier au spam, ni de rejoindre les groupes “anti Zombies, Vampires et autres Werewolves”, si vous ne désirez pas recevoir les notifications sur certaines applications, il y’a des options qui existent sur le réseau social que vous pouvez déja commencer par utiliser/paramètrer, à savoir :- Le choix des notifications : (Inbox >>> Notifications)

- Le blocage de certaines applications : (sur la page de l’appli.en question en bas à droite de la sidebar de droite)

Enjoy Facebook !

 

source: Aziz Haddad sur Mashable

20.09.2007

Bayrou : le candidat ô net, par Christophe Espern, le 21 avril 2007

J’ai aimé quand Bayrou a cité Aragon :

« Celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas,
Tous les deux adoraient la belle prisonnière des soldats.
Lequel montait à l’échelle, et lequel guettait en bas ?
Celui qui croyait au ciel ? Celui qui n’y croyait pas ? »
- La rose et le reseda, Louis Aragon.

Le 22 avril, les internautes français inscrits sur les listes électorales pourront aller voter. Co-fondateur d’EUCD.INFO, initiative qui a informé et sensibilisé le public et les pouvoirs publics sur la loi DADVSI pendant près de cinq ans, actuellement chargé de mission à l’APRIL, association assurant la promotion et la défense du Logiciel Libre depuis plus de dix ans, j’ai souhaité, en mon nom personnel, vous apporter aujourd’hui un témoignage : celui de ma rencontre avec François Bayrou.

J’ai rencontré François Bayrou en novembre 2005 par l’intermédiaire d’un ami engagé dans la promotion et la défense du Logiciel Libre. Il connaissait Bayrou depuis la bataille contre le projet de directive Brevets Logiciels dans laquelle Bayrou s’est personnellement impliqué. À l’époque, mon ami l’avait sensibilisé par mail puis l’avait rencontré.

Alors que l’examen de loi DADVSI approchait, il l’avait recontacté et m’a proposé une réunion avec lui et d’autres défenseurs du logiciel libre (associatifs, chercheurs, entrepreneurs, … aucun à ma connaissance, moi y compris, qui soit encarté, et avec des opinions politiques différentes).

J’ai rencontré un homme intelligent, indéniablement. Un internaute du quotidien aussi, depuis de nombreuses années, qui lit lui-même ses mails, y répond lui-même, écoute de la musique sur son ordinateur, grave des CD… Il a donc compris le problème de la loi DADVSI sans difficultés, et à l’issue de la réunion, a énoncé quelques axes qu’il défendrait : défense du droit à la copie privée, défense du logiciel libre, interopérabilité, protection de la vie privée, rémunération des artistes. Par la suite, il n’a jamais perdu de vue aucun de ces axes.

D’autres réunions ont eu lieu au fil de l’examen de la loi. Pour les quatre, cinq participants réguliers dont j’étais, c’était “le rendez-vous du mercredi soir”. Ces réunions de travail avaient lieu vers 21h00 au siège de l’UDF. J’ai échangé avec un homme que j’ai trouvé calme, réfléchi, parfois visiblement fatigué et soumis aux pressions (notamment lors du vote de la censure du gouvernement Villepin). Mais pas d’animosité envers ses adversaires politiques quand nous les évoquions : de la détermination certes, quelques piques bien sûr, mais pas de dérapages.

En séance, Bayrou a été efficace. Il a repris lui même en main une partie du dossier dans la mesure où le rapporteur de l’UDF Jean Dionis du Séjour n’avait pas tout compris, loin de là. Que Bayrou fasse cela n’a pas empêché Dionis de dire des inepties et de faire des bêtises, mais après tout, en hémicycle, Bayrou n’est responsable que de lui-même, pas de l’être de Dionis et encore moins de sa conscience. « Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel. » comme le dit l’article 27 de la Constitution française. À l’UDF, la liberté de vote des élus est totale.

J’avoue que ce respect consciencieux de la Constitution m’a parfois énervé quand je voyais Dionis dire l’inverse de Bayrou dès qu’il avait le dos tourné ou s’abstenir quand il fallait voter contre. Je ne suis par ailleurs pas naïf au point de ne pas croire que cela ne facilite pas parfois la vie de Bayrou. Je n’oublie pas non plus que les communistes et les verts ont tous voté en conscience dans le bon sens pendant la DADVSI, comme un seul homme. Mais je préfère fondamentalement l’attitude du président de l’UDF à l’autoritarisme de Nicolas Sarkozy qui menace et le cas échéant sanctionne les élus qui osent ne pas penser comme lui et le dire publiquement.

Mais revenons à la DADVSI. Factuellement donc, Bayrou a défendu le libre, la copie privée, la vie privée, l’interopérabilité, et la rémunération des artistes. Avec constance et malgré les pressions croissantes.

Bayrou a notamment défendu le droit de divulguer le code source d’un logiciel indépendant interopérant avec une mesure technique Il a stoppé net la tentative du gouvernement UMP de créer une police privée du net. Il a mis en évidence le fait que l’amendement visant à remettre la vie privée entre les mains de machines et de services administratifs était inacceptable. Il a défendu le droit d’accès au juge, plaider pour un droit réel à la copie privée et à l’interopérabilité. Les DRM nouvelle génération que le gouvernement voulait encadrer - donc autoriser – Bayrou voulait tout simplement les interdire. Ce qu’il maintient dans sa réponse à ODEBI (http://www.odebi.org/new2/?p=266), à lire.

Bayrou a évidemment voté contre le texte final mais aussi l’exception d’irrecevabilité présentée avant le vote et ce avec le PS, les Verts et le PCF (cf annexe). Il a voté tous les amendements qu’il pensait bons, d’où qu’ils viennent. Il a aussi signé la saisine constitutionnelle du PS “par solidarité” comme il m’a dit à l’époque. Off. Pas pour les media. Il a fait de même quand il a reçu Richard Stallman, fondateur du projet GNU, au même moment que Royal : il n’a pas parlé de cette rencontre. Ce qui l’intéressait, je pense, c’était l’homme, le projet. Pas la notoriété.

In fine, sur ce dossier, Bayrou a donc utilisé le pouvoir que le peuple lui avait confié et a défendu nos libertés en séance sans faillir face à une marée de lobbies. Par-delà les clivages partisans. Le Journal Officiel en témoigne. Aucun autre candidat ne peut en dire autant.

À ce stade, je précise : je ne suis ni militant, ni sympathisant d’un quelconque parti. Je n’ai jamais soutenu un parti, ni même un homme politique, à dire vrai. Je ne me considère ni de droite, ni de gauche. Je pense que tout est question d’équilibre ou, plus précisément, de synthèse. J’ai par ailleurs rencontré suffisamment d’élus de tous bords à l’Assemblée et au Sénat pour savoir que l’homme politique - comme tout être humain - n’est pas manichéen. Ou alors s’il l’est, il est bête. Au sens strict.

La liberté n’a rien à voir avec l’idéologie. Il y a des gens que l’on dit de gauche et qui ne défendent pas vraiment les libertés, voir y portent atteinte par interêt ; il y a des gens que l’on dit de droite et qui ne transigent jamais sur les libertés, par principe.

En fait, au-delà des individualités, selon moi, ce sont surtout les appareils qui sont des monstres froids et butés et qui peuvent parfois, en tombant dans de très mauvaises mains, étouffer totalement les consciences. Par la menace et l’intimidation ou au contraire par la récompense pour services rendus au patron et non à la Nation, ni même au parti.

À ce sujet, je considère que Nicolas Sarkozy est dangereux pour nos libertés, notamment sur internet. Il avoue ne jamais utiliser un ordinateur. Il soutient des dispositions techniquement stupides et juridiquement liberticides. Il n’a pas de résistance à l’influence exercée par les pouvoirs financiers. Son entourage et lui-même traitent les élus comme des machines à voter. Les faits l’ont démontré, je l’ai vu de mes yeux, et je tenais à le dire.

Je sais aussi qu’un Président n’est pas un gouvernement et je me refuse à présumer de la majorité qui résultera du vote de mes concitoyens en juin prochain. Un Président, ce n’est pas un parti. Il doit pouvoir être le Président de tous les Français. Il doit être prêt à gouverner avec la majorité que les Français lui donneront. Il doit être un homme ou une femme de rassemblement et savoir tendre la main à toutes les bonnes volontés, en particulier quand la République est en danger. Il doit être tolérant et ouvert, parler fermement mais justement, en notre nom à tous et sans déraper.

Voilà pourquoi je n’ai en ce moment de cesse d’expliquer à ceux qui me disent qu’ils vont voter PS - parce qu’ils veulent être utiles et parce qu’ils sont de gauche - tout en déclarant que Ségolène Royal ne leur inspire pas confiance et semble avoir un caractère particulier, qu’ils devraient - vraiment - changer leur manière de voir l’élection présidentielle.

Dans le cadre d’une élection présidentielle, je regarde évidemment le programme, les promesses. Mais ce qui m’intéresse plus particulièrement, c’est le projet de société, l’homme ou la femme qui le porte et la façon dont il ou elle le fait ; et aussi la cohérence entre le discours et les actes.

Aujourd’hui, j’ai de la chance, comme dirait Google : j’ai échangé plusieurs heures en cumulé avec un présidentiable qui a un discours et des mots que je trouve justes et mesurés. J’ai pu observer qu’il tenait ses engagements et savait prendre ce qui était, à mes yeux, les bonnes décisions sur des sujets fondamentaux. En urgence et sous pression.

Qui plus est, je pense sincèrement que Bayrou est un honnête homme, au sens classique du terme : un homme libre et un vrai démocrate. C’est aussi un homme simple et intelligent, ancré dans la réalité de son temps et qui, je trouve, a su se forger une envergure d’homme d’État, contre vents et marées, sans se perdre moralement et par-delà les dogmes. Avec courage. Enfin - et c’est en fait juste de cela dont je voulais vous parler ;-), Bayrou est un internaute du quotidien attaché aux libertés et au bien commun.

Je suis convaincu que, s’il est élu, quelle que soit la majorité qui lui sera donnée par les français en juin, il saura intervenir pour qu’internet reste un espace de libertés et veillera à ce que toutes les parties, y compris les associations qualifiées parfois avec dédain de “libertaires”, soient consultées. Je suis aussi persuadé qu’il oeuvrera sans parti pris à moderniser notre société et notre économie et à refonder – et c’est essentiel - nos institutions, notre démocratie.

Mais que demande le net ?

Quant au peuple, c’est autre chose. Bon vote.

Christophe Espern.

Assemblée nationale

http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2005-2006/20060257.asp

 

Source: Ligue Odebi